StopHunger & WIA

Quelles sont les raisons de votre engagement avec Women In Africa ?

Depuis plus de 20 ans, Stop Hunger agit pour un monde sans faim. Nous voulons particulièrement agir en Afrique où le quart de l’humanité vivra en 2050. Si sa croissance est estimée à 4% et va contribuer de plus en plus à celle du monde, si c’est le premier continent de l’entrepreneuriat féminin, si sa population est la plus jeune de la planète, et ses ressources naturelles abondantes, 260 millions d’Africains souffrent encore de la faim, et la famine est une menace permanente en raison de conflits armés persistants. Pour StopHunger, l’avenir de l’Afrique passe par ses femmes. Elles libéreront le monde de la faim ! Nations Unies ou FMI, tous les experts s’accordent. Selon la FAO, éradiquer les inégalités femmes-hommes permettrait ainsi de réduire de 12 à 17% le nombre de personnes souffrant de la faim. On pourrait nourrir jusqu’à 150 millions de personnes supplémentaires. L’Afrique a donc tous les moyens de prendre une part active aux Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, et d’éliminer la faim, en faisant de ses femmes le moteur de son agriculture et de son économie, et en leur donnant accès aux mêmes ressources que les hommes: formation, capitaux, propriété foncière, marchés, etc.

C’est pourquoi, nous soutenons l’Initiative Mondiale WIA car nous partageons la même vision et la même volonté d’accompagner l’automatisation des femmes africaines, et le développement de leurs entreprises. Rétablissons l’égalité des sexes, l’égalité des chances, l’égalité de rémunération pour un travail égal, l’apprentissage, le travail et le leadership, et nous irons droit vers un monde sans faim et l’économie mondiale en récoltera les fruits !

En quoi un sommet annuel, qui rassemble des femmes leaders et des hommes, venant de tous les pays d’Afrique permet de faire avancer la cause des femmes en Afrique?

Ne dit-on pas que l’union fait la force? Ou qu’ensemble, on va plus loin? Agir et construire en réseau, nouer des partenariats avec le secteur privé, influencer les politiques publiques, renforcer la cohésion, partager les expériences et les bonnes pratiques, se connaître, témoigner… et ne pas oublier d’enrôler les hommes dans le mouvement pour avancer ! Voilà ce qu’est l’expérience WIA. La preuve par l’exemple contribue à faire avancer les mentalités et le rôle des femmes en Afrique. C’est une oeuvre et un engagement à long terme pour l’entrepreunariat des femmes sur un continent économiquement performant, mais dont la productivité et les salaires sont bas et le travail précaire, en particulier celui des femmes qui est mal rémunéré et mal considéré.

Notre participation au WIA 2017 fut d’ailleurs l’occasion de rencontrer des femmes engagées comme Nonhlanhla Joye, créatrice de « Umgibe Farming Organics », un réseau de plus de 50 micro coopératives maraîchères à Durban, ainsi que Nigest Haile Goshu, fondatrice de l’ONG CAWEE à Addis-Abeba en Ethiopie qui contribue à développer un réseau de femmes entrepreneurs. Ces deux femmes ont par ailleurs été lauréates des Trophées Femmes Stop Hunger 2018, organisés chaque année, afin de soutenir financièrement des initiatives concrètes et durables, menées par des femmes pour leurs communautés.

Quel est plus précisément le rôle de Stop Hunger en Afrique ? Et en quoi une plus grande automatisation des femmes permettra d’en finir avec la faim?

Les femmes sont les piliers de la sécurité alimentaire, y compris sur ce continent ! Sur le plan de la croissance économique, l’agriculture est l’un des leviers de développement en Afrique où les femmes représentent jusqu’à 70% de la main d’oeuvre et produisent environ 90% des denrées alimentaires.

Avec l’appui des experts de Sodexo, notre partenaire fondateur, depuis 6 ans, nous investissons et participons au renforcement des programmes durables de restauration scolaire liés à la production locale du Programme Alimentaire Mondial. Sur 20 missions de volontariat, la moitié a été effectué en Afrique, afin de leur apporter des compétences techniques en approvisionnements et logistique, en hygiène et sécurité alimentaire, en nutrition, en cuisine, en conception et construction de cuisines, etc.

Les femmes qui cuisinent les repas bénéficient de nouvelles compétences grâce à des formations sur les bonnes pratiques alimentaires, y compris en ligne sur des applications mobile. C’est le cas au Sénégal avec Nutrifami qui sera utilisé dans le futur par 500 000 femmes et personnels de cuisine dans le monde.

Ces programmes stimulent aussi localement la production, la consommation et l’économie: les écoles achètent des denrées alimentaires auprès des petits producteurs et des commerçants locaux qui améliorent leurs revenus durablement.

Au bout du compte, 16 millions d’enfants à travers le monde sont mieux nourris, mieux éduqués et restent donc à l’école, en particulier 50% de filles ! Plus elles sont instruites, et plus elles contrôlent le budget familial, moins leurs enfants ont faim !

Il faut savoir qu’un dollar investi dans ces programmes de restauration scolaire gratuite génère jusqu’à 10 dollars de bénéfices économiques pour les enfants et les communautés.

 

Quel message aimeriez-vous transmettre aux femmes africaines qui sont le moteur de la transformation de leur continent ?

Si on ouvre plus longtemps les portes de l’école aux filles, si on donne les moyens aux femmes rurales de produire, transformer et commercialiser leur production ou si les chefs d’entreprise décident de créer leurs activités sur des marchés traditionnellement réservés aux hommes, le continent se portera mieux. Mais le monde entier aussi !

Pour les femmes, il est temps de prendre leur place dans l’Afrique de demain, de s’affranchir de certaines traditions et des préjugés !

Pour soutenir l’autonomisation des femmes, plus particulièrement celles qui agissent contre la faim dans leurs communautés, nous avons investi près de 4 millions de dollars en 3 ans. Les programmes cocréés sont exemplaires en termes d’autosuffisance alimentaire, d’éducation, de formation et d’accès à l’emploi.

Les obstacles sont encore nombreux, mais là où il y a une volonté, il y a un chemin. Il ne faut rien lâcher ! Tout est possible à qui rêve, ose, agit et n’abandonne jamais.