Aminata Sinka : « La femme burkinabè doit apprendre à innover et arrêter de tendre la main »

Malgré un confortable poste d’assistante de direction, Aminata Sinka voyait plus grand et rêvait de monter son entreprise. Un rêve réalisé en 2016 avec la création de Linas Ideas, une société spécialisée dans la broderie personnalisée numérique. Loin de s’arrêter là, elle lance en décembre dernier, Business Store Consulting (BSC) pour accompagner les futurs entrepreneurs.

Après une licence en économie et gestion, Aminata Sinka aurait pu se contenter de son emploi d’assistante de direction. Mais la jeune femme Burkinabé avait d’autres ambitions et souhaitait diriger sa propre entreprise. De cette volonté va naître Linas Ideas en 2016 qui propose divers services tels que la personnalisation du linge de maison, la confection de tenue de travail et de blouse personnalisées, de la layette pour bébé, des coffrets évènements (mariage, fiançailles) ainsi que de la décoration d’intérieur. Aminata Sinka travaille aujourd’hui avec quatre collaborateurs. Selon la fondatrice, la broderie numérique consiste à broder sur du textile des motifs en diverses formes à l’aide d’une machine à broder numérique. « Elle permet aussi d’écrire les noms et différents messages personnels. Les différents types de qualité de textile utilisés sont le satin, le tissu en coton » explique-t-elle.

Un bilan positif après deux ans d’activité

Linas Ideas innove grâce à une machine à broder numérique mais également par l’auto-formation. « J’aime créer. J’adore imaginer puis concrétiser cette créativité sur un matériau ». Après deux années d’exercice, le bilan est relativement positif. « En termes de progression, je m’en sors mieux qu’à mes débuts. J’arrive à créer davantage de modèles Dès que j’ai une commande, je fais tout mon possible pour que le client soit satisfait en termes propositions de choix, de qualité et de délais de livraison ». Ceci dit, les défis restent nombreux, à commencer par l’approvisionnement. « Mon principal problème reste d’obtenir la matière première qui est le textile. J’ai des difficultés pour disposer de certaines qualités. Aussi, je travaille avec ce qui est disponible tout en ayant l’espoir de trouver mieux un jour ».

En attendant, Aminata Sinka dispose d’une compétence forte appréciée, le leadership. En témoigne son association « Club Jeune Femme Leader » qu’elle a lancée l’année dernière. Elle explique que l’idée lui est venue à cause des difficultés qu’elle rencontrait sur le terrain en tant que jeune entrepreneure. « Il fut un moment où je me retrouvais seule avec mes problèmes ne sachant pas à qui en parler. Je me suis rendue compte qu’il y avait d’autres femmes qui vivaient la même situation que moi. Se réunir au sein d’un club permet de mener des actions et de venir à bout de nos difficultés ». Aujourd’hui, le club a à son actif plusieurs actions, dont des formations sur la confiance en soi et le maintien des relations interpersonnelles.

Business Store Consulting, « un point de rencontre entre l’offre et la demande, les entreprises et leurs potentiels partenaires techniques et financiers »

La même année, Aminata Sinka a lancé en décembre 2017 à Ouagadougou, la 1ère édition du Salon de l’Innovation et de la Créativité. Une activité portée par une autre structure qu’elle a créée, Business Store Consulting (BSC), pour accompagner les futurs entrepreneurs dans la concrétisation de leurs projets. « Le Salon de l’Innovation et de la Créativité est un atelier de travail organisé par une entreprise et rassemblant plusieurs personnes autour d’une thématique donnée ». Selon elle, ce salon professionnel est un outil de prospection qui offre la possibilité aux clients en quête de nouveauté et de créativité, de découvrir certains produits et/ou services lors d’un événement convivial. « Il s’agit également d’un moyen efficace pour fidéliser les consommateurs en les invitant à visiter nos stands et leur présenter nos nouveautés. Ce cadre sert de point de rencontre entre l’offre et la demande, les entreprises et leurs potentiels partenaires techniques et financiers » précise-t-elle. Convaincue que « la femme africaine et burkinabè en particulier doit apprendre à innover et arrêter de tendre la main », Aminata Sinka se fraye lentement mais sûrement un chemin dans le monde de l’entrepreneuriat.