Boitshepo Bolele : Pionnière de l’e-learning au Bostwana

Boitshepo Bolele, directrice de Hlanganani ICT, a créé une plateforme d’enseignement en ligne, e-Learning Botswana. Ancienne directrice adjointe du département de la jeunesse au ministère dédié du Botswana, Boitshepo Bolele, ambassadrice de Women In Africa Initiative, œuvre pour le développement de sa communauté à travers l’éducation.

Boitshepo, votre histoire est singulière. Elle démarre dans un petit village du Botswana, se poursuit au ministère de la Jeunesse et aujourd’hui vous intervenez lors de grandes conférences internationales pour parler d’éducation…

Je suis née à Mahalapye au Botswana. C’est un petit village et jusqu’à 17 ans, je ne l’ai jamais quitté. Cependant, nous avons eu la chance d’avoir un téléviseur. Cela a créé un monde virtuel pour moi, une ouverture. Je faisais ainsi partie d’une communauté internationale plus large. Je pouvais m’identifier à la culture internationale sans quitter mon environnement. C’est pourquoi, à ce jour, je reconnais la force de la communauté virtuelle. C’est ce qui m’a amené à poursuivre des études. J’ai obtenu un diplôme en informatique au Royaume-Uni en 1996 à l’université DeMontfort – Leicester, et j’ai également un diplôme d’études supérieures en administration des affaires.

Quel a été le moteur de votre parcours et de votre engagement en faveur de l’éducation en Afrique ?

J’aurais aimé avoir un mentor, plus jeune. Je donne à la nouvelle génération ce dont j’ai manqué. L’éducation transforme les esprits. Aujourd’hui, nous gérons une plate-forme de formation en ligne qui touche les étudiants du monde entier. Nous collaborons également avec Wits Executive Education, en Afrique du Sud, pour dispenser des cours de leadership.

Quelle est la situation des femmes au Botswana ?

Les femmes du Botswana sont progressistes. À l’exception de la politique, nous rattrapons nos homologues masculins dans tous les domaines. L’autre défi que nous rencontrons réside dans les initiatives économiques : les femmes participent au niveau microéconomique, dans l’informel, les petites entreprises contrairement aux hommes qui dominent au sein des grandes sociétés.

L’entrepreneuriat propose-t-il une alternative à ces défis ?

Le chômage touche toutes les populations. Or, de plus en plus de diplômés entrent chaque année sur le marché du travail. La réponse réside dans l’esprit d’entreprise. La croissance démographique du Botswana reste un autre challenge à relever. Nous avons une population de deux millions d’habitants. Par conséquent, l’ensemble de nos actions doit tenir compte de l’export et cela nécessite la constitution de réseaux et une exigence de qualité.

Pour conclure, que dites-vous aux jeunes femmes qui veulent suivre votre exemple et construire l’Afrique de demain ?

Misez-sur les partenariats ! Il n’est pas nécessaire de réinventer la roue. Le monde regorge de personnes prêtes à vous emmener au prochain niveau. Si vous choisissez des partenaires de l’autre côté de la frontière, prenez le temps d’étudier leur culture car elle influence le système de valeurs des gens. Vous ne pouvez pas séparer une personne de sa culture. Investissez dans le développement personnel grâce aux cours en ligne comme les webinaires. Internet est une salle de classe. Plus important encore, faites partie des réseaux internationaux de femmes, tels que WIA Initiative, de sorte que vous puissiez créer des réseaux et accéder aux ressources ou contribuer à la mobilisation des ressources nécessaires.

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