NTIC, accélérateur d’entreprise

Incontestablement, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) participent au développement de l’Afrique. Pour les femmes, elles offrent un outil de professionnalisation. Reportage à Nairobi haut-lieu des « women in tech ».

A Nairobi, iHub constitue la Mecque de l’innovation technologique made in Kenya. Créé en mars 2010, l’établissement a reçu les géants mondiaux du secteur, dont Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, ainsi que d’éminentes personnalités, dont Barack Obama. Conçu comme un catalyseur de la communauté technologique kényane, il abrite les start-up iHub Research, m:lab East Africa, Consulting, UX Lab, entre autres. « Nous sommes le centre numérique de l’Afrique » assure Sheilah Birgen, à peine trentenaire, présidente directrice générale de m:lab East Africa, un incubateur d’entreprises. « J’ai deux passions, l’entrepreunariat des jeunes et les NTIC », confie cette dernière. « A l’instar de nombreux jeunes, je trouve que les choses n’avancent pas assez vite au Kenya ni à l’échelle du continent. Mais, avec les NTIC, c’est le contraire, tout va si vite ! ». Et dans un pays où le chômage touche 40 % de la population active dont les jeunes en premier lieu (70 %), le secteur offre une véritable alternative. « Même si toutes les start-up ne vont pas durer, l’usage des nouvelles technologies va leur permettre d’accéder à d’autres emplois, comme consultant par exemple. Aujourd’hui, toutes les sociétés dans tous les secteurs font appel aux nouvelles technologies. C’est pourquoi nous encourageons les jeunes à s’y former ». M:Lab propose plusieurs programmes de formation aux NTIC. La structure a ainsi formé cinq cents entrepreneurs entre 2011 et 2014. Sur les trente-deux entreprises incubées, 80 % existent encore !

Nouvelles technologies = nouvelles possibilités

Cette initiative démontre que les NTIC favorisent l’entrepreneuriat des jeunes en Afrique. Et si elles sont incontestablement un accélérateur de développement, les NTIC s’imposent pour les femmes comme un véritable outil de professionnalisation. Dans les locaux d’iHub, Akirachix, un autre incubateur, dédié aux femmes a été créé en 2010. « Nous recevons différents types de profil, des femmes à peine diplômées qui souhaitent évoluer dans le secteur des nouvelles technologies, d’autres s’inscrivent pour se perfectionner », explique Marie Githinji, cofondatrice d’Akirachix. « Elles ne vont pas toutes devenir programmatrices mais il s’agit de les convaincre que les nouvelles technologies leur offrent de nouvelles possibilités. Sur vingt-deux femmes formées, 75 % ont trouvé un emploi ou créé une activité. » Et pour donner davantage d’écho à son initiative, Akirachix organise chaque année une conférence, Women in Tech in Africa. La prochaine édition se tiendra en novembre, à Nairobi, nouveau centre de gravité des geekeuses du continent.

Internet, un gain de temps et d’argent pour les entrepreneures

Si le Kenya fait effectivement office de centre numérique en Afrique, la tendance ne se limite pas à ce pays. Partout, sur le continent, les femmes saisissent, les opportunités apportées par les nouvelles technologies. Incubateurs, programmes de formation, accompagnement dans la création d’entreprises… Les initiatives se multiplient à mesure que la demande augmente. « Créer un site web, accéder à des marchés internationaux ou à des appels d’offres, participer à des concours… Les NTIC en général, Internet en particulier, favorisent la professionnalisation des femmes en Afrique » confirme les rapporteurs d’une étude de la Banque mondiale sur l’usage d’internet en Afrique publiée en 2017. « Une femme que nous avons accompagnée a triplé son chiffre d’affaires en un trimestre, à partir du moment où elle a créé un site internet », confie Sheila. « Elle vendait des produits artisanaux sur les marchés. Nous l’avons aidé à utiliser les nouvelles technologies pour développer son activité, à travers de la vente en ligne. Aujourd’hui, elle exporte à travers le monde. Ce qu’elle n’aurait pu faire sans Internet, faute de ressources nécessaires. Lors de la création d’une entreprise, le web permet de gagner du temps et de l’argent ! » Et une visibilité internationale, tant Internet ne connaît pas de frontières.