Olga Johnson : lumière pour l’Afrique

Franco-béninoise, Olga Johnson dirige la fondation « Energies pour l’Afrique ». Par ailleurs conseillère de Paris et vice-présidente du comité de mobilisation de la Journée mondiale de la culture africaine, elle fait partie des figures de la diaspora qui s’illustre à la fois en France et sur le continent. A ce titre, elle a rejoint l’aventure Women In Africa Initiative en tant qu’ambassadrice.

Depuis sa plus tendre enfance, Olga Johnson vit entre l’Afrique et l’Europe. « Je suis née à Porto-Novo au Bénin avant de partir en France, à Toulouse, à l’âge de deux ans. Mes parents sont retournés en Afrique, au Bénin, puis en Côte d’Ivoire où j’ai passé toute mon adolescence. Je suis revenue en France à l’âge de dix-sept ans pour étudier. Depuis, je fais la navette entre mes deux continents de cœur ».

Un engagement tout-terrain

Elle démarre sa vie active au sein de TRIM International, une agence de diffusion presse et d’informations financières où elle restera sept ans avant de rejoindre, en 1999, Regards International où elle se charge de la conception, du financement et de l’organisation de colloques et de débats institutionnels jusqu’en 2007. De 2008 à fin 2015, elle dirige le pôle réseaux et évènements d’HEC Alumni, l’Association des diplômés de l’école en hautes études commerciales (HEC), une association de 56 000 diplômés, avec plus d’une centaine de nationalités et présente dans plus de soixante-quinze pays. « J’ai eu en charge l’animation du réseau en France et à l’international ». Elle mène en parallèle un engagement politique. Depuis 2014, elle est conseillère de Paris en charge de la cohésion citoyenne et de l’égalité des chances dont le droit des femmes. Dans ce cadre, elle a rencontré Jean-Louis Borloo, ancien ministre d’Etat en France, fondateur d’ « Énergies pour l’Afrique » qui plaide pour l’électrification du continent. « Il m’a demandé de le rejoindre pour l’assister. Il connaissait mon engagement associatif et mon intérêt pour les questions sociales, liées aux femmes, l’aide au développement et la coopération culturelle entre la France et l’Afrique. J’ai accepté sans hésitation car je trouve scandaleux qu’un continent comme l’Afrique – avec plus de trois cents jours d’ensoleillement par an – ne dispose pas de la lumière en ce XXIe siècle. »

Le défi de l’énergie

Le secteur sur lequel elle concentre son action constitue un défi pour l’Afrique. « Effectivement, j’ai le bonheur d’être directrice générale d’Energies pour l’Afrique qui œuvre à l’accélération de l’accès à l’énergie du continent africain, un prérequis pour tout développement humain et économique. C’est un droit fondamental. Plus de 700 millions d’habitants sur les 1,2 milliards d’Africains n’ont pas accès à l’électricité. Et évidemment, ce sont les femmes et les jeunes filles les premières impactées. Elles font des kilomètres pour aller chercher l’eau et le bois. Et la situation s’aggrave. Chaque année, dix millions d’Africains supplémentaires n’ont pas accès à l’énergie. Ajouté à la démographie galopante -l’Afrique comptera plus de 2,5 milliards d’habitants en 2030-, il faudra nourrir, soigner, former et loger un milliard de nouveaux habitants. C’est un défi considérable mais réalisable avec une réelle volonté politique. »

« Gouverner autrement est possible avec les femmes. »

Pour cela, les femmes constituent le cœur de son engagement. « Selon moi, aucun avenir n’est possible sans les femmes. Elles constituent la moitié de l’humanité. Leur donner accès aux services essentiels et de base, l’éducation, la santé, la culture reste primordial et essentiel pour lutter contre la pauvreté. Les femmes, de nos jours encore, jouissent d’une place centrale dans la société. Elles gèrent l’éducation des enfants malgré les progrès pour l’égalité hommes-femmes. Tout se joue dès l’enfance et lors de l’orientation scolaire des filles. La vigilance doit être de mise bien en amont. De nouveaux métiers apparaissent, notamment dans le secteur des énergies renouvelables. Lesquelles offrent des opportunités de débouchés. Les Etats doivent mettre en place des politiques publiques qui accompagnent l’accès des femmes à ces postes de décision. Gouverner autrement est possible avec les femmes. »

Olga Johnson avec le Président d’Energies pour l’Afrique, Jean-Louis Borloo, ancien Ministre d’Etat français

Apprendre à oser

Un engagement qui l’a amené à rejoindre l’aventure Women In Africa Initiative. « Quand j’ai rencontré Aude de Thuin et Caroline Boudergue, j’ai tout de suite adhéré ! Bien sûr, beaucoup d’autres initiatives existent et l’Afrique n’a pas attendu WIA Initiative pour s’emparer des questions de genre. Néanmoins, l’approche de ce réseau évite la confrontation femmes-hommes et propose une approche constructive. Ensemble, grâce à la promotion de l’entrepreneuriat féminin, nous pouvons faire reculer les préjugés et fédérer les gens vers un même objectif : la participation de la femme au développement économique et social de la planète. Mais, cela dépend en grande partie de notre capacité à oser ! ».